La corruption à l’île de la Réunion Mercredi 8 Mai 2013

La corruption à l’île de la Réunion Mercredi 8 Mai 2013
Il est classique de présenter son île sous le meilleur angle. La mienne a beaucoup d’arguments à avancer, aussi proposer une vision paradisiaque de la Réunion n’est en soi pas une difficulté.
Toutefois pour appréhender toutes les subtilités de cette région, il convient d’évoquer ses travers. Travers liés non pas au site mais à ses occupants.
En tant que Réunionnais, il est douloureux de devoir mettre en avant les aspects les moins reluisants de mes congénères, toutefois le nier ou l’ignorer ne serait pas leur rendre service.

Plusieurs aspects de la société réunionnaise peuvent faire l’objet d’une analyse critique à commencer par le monde du travail qui peut constituer un bon préambule en ce qu’il est une image fidèle de la société à notre instant T, mais aussi en ce qu’il augure de ce que sera l’île dans un futur proche au vu du fonctionnement de son milieu professionnel du moment.

Pour bien comprendre le microcosme réunionnais, et notamment le monde du travail, composé en majorité de fonctionnaires et d’agents publics, il faut regarder de plus près les institutions, principaux employeurs, qui œuvrent dans ce département.

A la tête politique de cette île se trouve une caste d’élus qui depuis des années dirigent sans partage notre île. Il est bien sur naïf de ne penser que cela n’arrive qu’à La Réunion, mais ce phénomène à une ampleur et des conséquences bien plus importantes sur ce territoire.

Il est prévisible qu’un homme politique favorise son parti, ses proches, ses semblables au détriment des plus compétents et des plus honnêtes qui n’auraient pas la chance d’être dans ses petits papiers. Situation critiquable certes, mais humaine et compréhensible.

Bien qu’en France, cette pratique s’observe dans les plus hautes sphères du pouvoir politique, on peut dans cet abus « apprécier » le fait qu’en général, le « pistonné » est un homme compétent, qui comme l’auteur de sa désignation a fait preuve qu’une capacité intellectuelle et de travail, si ce n’est exceptionnelle, au moins décente !

On se retrouve ainsi avec des copains d’abord à la tête de notre pays, mais ces camarades étant pour la plupart passé par l’ENA ou au moins par les bancs de la fac ou de Science Po !

Sans préjuger de la qualité de ces formations, on peut toutefois constater un certain élitisme intellectuel dans la sélection de leurs élèves. Aussi on peut espérer avoir des dirigeants ayant suivis une formations les préparant un minimum aux plus hautes fonctions.

Ce pré-requis n’existe pas à la Réunion, nous sommes en présence d’élus qui dans un premier temps, pour se faire élire achètent des voix. Pour cela différentes pratiques sont courantes : Intimidation de la population par des « nervis », prise en charge d’une modique facture d’électricité ou d’eau à 2 mois des élections ou encore faire venir des familles défavorisées sur sa commune via l’attribution de logement en échange de votes. A la Réunion, les Mahorais bénéficient d’ailleurs de ce système, ce qui a crée de véritable ville où se concentre cette population.

Ce qui pourrait passer pour une exception est à la Réunion une généralité et ainsi « nous » votons pour celui qui paiera de manière effective et immédiate une maudite dette de foyer. Il est regrettable de voir la population locale céder et ne « penser » que sur le très court terme en favorisant des peu scrupuleux au détriment d’hommes de programme. Il n’est toutefois potentiellement pas exclus que ces praticiens de l’achat de votes soient de bons dirigeants ?

Que nenni ! Une fois en place, ceux-ci s’évertuent à placer ouvertement leurs familles et proches à des postes à responsabilité (parfois fictifs) avec salaires à plus de 5.000 euros parfois et avantages. Titulaires de pouvoirs publics, ils attribuent des marchés en échange de « faveurs » pour leurs intérêts personnels au détriment de procédures légales censées contrer ses abus.

Il est ainsi bien plus facile de construire une belle maison quand on est élus, surtout quand un marché de construction d’ampleur est à venir, événement assez commun sur cette ile en plein développement.

Cette situation s’explique assez facilement du fait que les élus en place on passé la quarantaine, n’ont généralement pas de diplôme autre qu’une forte communauté ou un fort patrimoine dans leur bagage. L’élite réunionnaise n’est pas intellectuelle à la Réunion.

J’aimerais dire qu’il s’agit de cas isolés à la Réunion, mais après près de 30 années de ma vie à apprécier les démêlés judiciaires, scandales et autres affaires qui jonchent mon île, je ne peux que constater la généralité de ces pratiques. Il est en effet bien plus extraordinaire de trouver un politique « réglo », d’ailleurs j’attends toujours qu’on m’en présente un…

Il n’est évidemment pas ici question de trouver un politique qui fasse l’unanimité, là n’est pas le débat, cette qualité étant intrinsèquement incompatible avec tout mandat politique ! Mais trouver un politique qui n’abuse pas exagérément de ses prérogatives confiées par le peuple, c’est là une exception qui ne devrait pas l’être !

On peut alors apprécier les condamnations successives et répétées ainsi que les scandales qui parsèment la vie politique de la Réunion sans pour autant voir un changement de ces figures politiques dans l’ile.

Les blâmer serait se déresponsabiliser, et c’est la population qu’il faut d’abord montrer du doigt. « On a les élus qu’on mérite » et cette maxime est encore plus vraie à la Réunion qui est peuplée par une population trop égoïste mais surtout trop peu éduquée pour prendre des décisions d’avenir, faire des choix suivant un intérêt général.

Cette situation est malheureuse et n’est pas sans rappeler certains pays d’Amérique du Sud et de l’Est où la corruption est omniprésente. Il est regrettable de voir ça se dérouler sur un territoire français à part entière où la population la plus vigilante baisse les bras devant tant d’injustice.

La société réunionnaise est gangrénée par des habitants pervertis par l’occidentalisation rapide et mal contrôlée, et nous assistons aujourd’hui aux conséquences de ce développement.
Signature : Achille Doyen
Un homme de cœur

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