Réponse a BARROSO, alerte sur la situation sociale des personnes âgées dans la misère

ASIG (Association Solidarité Intergénération)
Daniel FAIVRE
106 chemin Bois de Nèfles
97424 Piton ST LEU
dfaivre97424@gmail.com Eveil Citoyen 974
97400 Saint-Denis
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Répondez-nous par mail.

COMMISSION EUROPÉENNE
DG Emploi, Affaires Sociales et Inclusion
B-1049 Bruxelles

V/Ref. Ares(2014)1263706 – 23/04/2014

Saint-Denis, le 27 avril 2014
A l’attention de M. Barroso et de M. Egidio Canciani

Messieurs,

Nous vous remercions pour la réponse à notre saisine. Nous nous permettons cependant d’insister dans la mesure où les autorités françaises n’ont pas précisé le contexte économique et social des DOM. A la Réunion :
– 340 000 pauvres sur une population de 800 000 habitants à La Réunion,
– Un taux d’analphabétisme très important chez les personnes âgées,
– Une cherté de la vie moyenne de plus de 35 % par rapport aux prix de métropole (parfois plus de 100% pour certains produits),
– Un nombre très important de bénéficiaires de l’ASPA…
L’ASPA n’est d’ailleurs pas une véritable mesure sociale. En effet, il s’agit d’une forme de prêt qu’une partie de la population va rembourser et l’autre partie ne remboursera pas. Les enfants des personnes âgées bénéficiant de l’ASPA, propriétaires de leur maison d’habitation – il s’agit dans la plupart des cas d’un héritage familial – devront rembourser la somme versée quelque soit leur situation financière personnelle, entrainant inévitablement la perte d’un petit patrimoine familial. A noter d’ailleurs, l’extrême rigidité appliquée par la CGSS locale sur les échéanciers de remboursement. Les enfants des locataires bénéficiaires de l’ASPA ne rembourseront rien.

Nous insistons sur le fait qu’à La Réunion, nombre de personnes âgées percevant des très petites retraites qui pourraient bénéficier de l’ASPA, refuse d’en faire la demande pour ne pas ravir à leurs enfants le petit héritage issu d’un patrimoine familial depuis plusieurs générations et pour ne pas imposer à leurs enfants le poids d’un remboursement dont ils n’ont pas forcément les moyens.

Le Conseil Général de La Réunion et les CCAS dans les communes de l’île apportent effectivement des aides ponctuelles aux personnes âgées et handicapées. La complexité administrative du système social mis en place, la multiplicité des services et des organismes sociaux intégrés à des institutions publiques et « privées » rendent l’accès à ces services difficiles et relèvent d’un véritable parcours du combattant. De plus, en raison de l’analphabétisme, il est nécessaire d’identifier les plus pauvres – nous en découvrons chaque jour dans des situations inhumaines – et malgré nos démarches, beaucoup restent dans les mêmes conditions pendant de longs mois. Un simple exemple : nous vous invitons à prendre connaissance du cas de M. Tangatchy signalé depuis septembre 2013 et qui à ce jour, n’a toujours pas d’électricité et vit toujours dans les mêmes conditions. (Lire l’article) Une explication embrouillée relative aux actes de propriété, au paiement d’un compteur… (alors que des poteaux électriques sont aux abords du terrain), empêche toute action.

Nous nous interrogeons d’ailleurs sur l’utilité de diminuer considérablement le montant des retraites par des calculs de plus en plus savants, injustes et inégaux – les retraites du privé diminuent continuellement alors que les retraites des régimes spéciaux ne subissent aucune réforme fondamentale – et de mettre en place un système social de plus en plus élaboré coutant de plus en plus cher, qui oblige les citoyens à « mendier » pour pouvoir survivre… Nous tenons de fait, à souligner la profonde rupture existante entre le monde des gouvernants et le monde citoyen dans la mesure où le dialogue est rompu en France : se faire entendre, comprendre et tenter d’établir un véritable dialogue avec nos élus est inutile dans la mesure où ils vous ignorent purement et simplement, d’où notre recours au Conseil de l’Europe.

Peut-être serait-il nécessaire d’obliger nos ministres et nos parlementaires (percevant un minimum mensuel de plus de 7 000 € sans compter les primes et les avantages en nature) à vivre pendant quelques mois avec le minimum vieillesse mensuel de 791,99 € pour une personne seule, pour qu’ils puissent enfin prendre conscience de la valeur de l’argent publique qu’ils gèrent à leur guise, s’arrogeant librement des salaires importants (des mandats cumulés multipliés par les indemnités), des primes indécentes, un système de retraite élaboré et confortable, assurant à leurs descendants un avenir doré, pendant qu’un nombre de personnes âgées de plus en plus important se trouve dans une extrême pauvreté, en voyant leurs enfants pointés au pôle emploi sans trouver d’emploi et leurs petits enfants à l’université (la scolarité dans les grandes écoles étant trop chère pour le porte-monnaie vide de leurs parents) tentant d’avoir un meilleur avenir avec une bourse d’études de 250 € moyenne par mois, pensant à quitter la France pour travailler ailleurs ?

La revalorisation des petites retraites d’après l’annonce du nouveau Premier Ministre est en cours semble-t-il. Nous ne manquerons pas de vous informer de l’impact de cette augmentation sur la vie des personnes âgées très pauvres.

Nous renouvelons nos remerciements dans la prise en compte de notre demande, et vous prions d’agréer, Messieurs, nos salutations distinguées.
ASIG L’équipe Eveil citoyen 974
Daniel Faivre Pour les membres

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